HISTOIRE HOSPITALIERE DE JOEUF (1880 – 2000)
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HISTOIRE HOSPITALIERE DE JOEUF (1880 – 2000)

Un hôpital d'ouvriers

L’hôpital de Génibois ou Hôpital des Forges a vu le jour au temps des mines, sous l’impulsion des maîtres de forges de la famille De Wendel, traditionnellement engagée en faveur des œuvres sociales. À cette époque, la protection sociale et la santé relèvent principalement d’initiatives privées plutôt que de l’État.

François De Wendel écrivait alors : « Il ne suffit pas d’avoir de belles usines… Il faut encore avoir les hommes qu’il faut pour les faire marcher ».

En 1906, la société créée, dans l’ancienne infirmerie sise 26 rue Saint-Robert, un hôpital pour les soins de ses ouvriers, notamment en médecine générale et en phtisiologie , la tuberculose faisant des ravages à l’époque. La direction de l’établissement est confiée aux Docteurs Kieffer et Chevalleau. En 1911, André Aweng leur succède.

En 1935, l’hôpital se spécialise en médecine générale tandis que la chirurgie est laissée à l’hôpital de Moyeuvre.  La structure compte alors 40 lits. À cette époque, on note aussi la présence d’un service de radiologie et radioscopie ainsi que celle d’un laboratoire.

Les autres malades ne relevant pas des établissements De Wendel sont accueillis dans le Dispensaire d’Hygiène Sociale installé depuis 1922 dans une annexe de l’hôpital et qui oriente principalement son activité vers la lutte antituberculeuse, antivénérienne et contre le cancer.  À partir de 1924, l’hôpital dispose également d’une maternité et deux sages-femmes diplômées dispensent, déjà ( !), des soins à domicile.

Photo d'archive hopital de genibois en 1906. Source de la photo : cercle pour la promotion de l'histoire de joeuf
L’infirmerie a été créée en 1880. Le statut d’hôpital est adopté en 1903 puis la structure agrandie trois ans plus tard. (Source : Cercle pour la Promotion de l’Histoire de Joeuf)

Lorsque la Sécurité sociale est instaurée après la Seconde Guerre mondiale, l’hôpital s’ouvre à tous les malades. Mais la sidérurgie est en crise et la modernisation des hôpitaux De Wendel n’est pas un point d’investissement prioritaire.

Sous l’impulsion du Docteur Hartmann, médecin-chef à partir de 1964, le dispensaire antituberculeux passe sous administration départementale en 1968. La consultation scolaire, le dispensaire antivénérien et la consultation de nourrissons sont cédés également aux pouvoirs publics. La maternité ferme en 1970. L’hôpital ne garde alors que des lits de médecine et s’étend.

La naissance de l'Association Hospitalière de Joeuf (AHJ)

Le 20 mars 1972, l’hôpital devient autonome et se sépare des sociétés sidérurgiques. Une association de droit privé reprend les rênes en rachetant les lieux à De Wendel-Sedilor pour 1 500 000 francs et la structure se nomme désormais AHJ (Association Hospitalière de Joeuf).

Un an plus tard, de gros travaux sont entrepris, dessinant le visage de l’hôpital que nous connaissons actuellement. Toute une série de réalisations voit le jour : construction d’un ascenseur monte-malade, construction d’un nouveau service de chambres à 1 et 2 lits dans l’aile anciennement occupée par la Communauté religieuse, construction d’une salle de réunion, réfection de la façade, construction d’une nouvelle aile de 13 lits, réfection des locaux de soins et du secrétariat médical, construction d’un service de radiologie moderne, création d’un laboratoire inter-hospitalier, création d’un service d’électrocardiographie, aménagement d’un jardin d’agrément.

Le virage gériatrique

À l’époque, l’hôpital pratique la médecine générale et ne s’est pas encore spécialisé en gérontotologie. C’est un virage que l’AHJ va prendre en 1986 en raison du vieillissement de la population et des nouveaux besoins sanitaires qui y sont liés.

Cette année-là, le Conseil général entérine la création d’un Cantou en octroyant à l’AHJ 2,4 millions de francs sur un montant total de 6,2 millions pour la construction d’un centre d’hébergement social pour personnes âgées ayant perdu leur autonomie psychique.

Dans ce but, l’AHJ a acheté l’ancienne école des filles de Génibois à Sacilor pour un montant de 100 000 francs.

À l’époque, le projet prévoyait 35 lits dont 1/3 réservés aux pensionnaires habituels des maisons de retraite et à ceux dont l’état nécessite un hébergement temporaire. L’hôpital avait déjà subi une première transformation avec 40 lits destinés aux soins actifs et 19 autres pour une hospitalisation de moyen séjour.  La consultation externe et les différents services avaient été redéployés afin de rendre la surface totale plus fonctionnelle.

Une passerelle surplombant la rue Saint-Robert et reliant les deux bâtiments est mise en place dès cette année-là afin que les pensionnaires du Cantou puissent bénéficier de soins directs en cas d’affection aigüe. Dès lors, 12 à 15 salariés supplémentaires sont embauchés. Le Cantou est inauguré en 1988.

La modernisation progressive

Le début des années 1990 marque la spécialisation de l’hôpital en gérontologie . Même si au départ, la structure n’abandonne pas encore la médecine dite active.

Les rôles sont alors (presque) clairement définis : à Moyeuvre, la chirurgie ; à Briey, des équipements importants pour un hôpital à vocation géographique large ; à Joeuf, une spécificité qui s’accroît et qui augmente également ses moyens.

En 1993, l’unité de radiologie est ainsi totalement modernisée avec un équipement complet de radiologie et d’échographie, et un partenariat engagé avec un cabinet privé briotin.

Dans la foulée, la cuisine est également entièrement réhabilitée et équipée d’un matériel haut de gamme. Elle permet désormais de respecter un circuit allant de la livraison au service en passant par la préparation froide, le stockage, la cuisson, le conditionnement sur les plateaux et les chariots.

À cette époque, le directeur, Henri Martin, et le président du CA, Jérôme Tonin, sont dans une dynamique enthousiaste. On parle alors de créer de nouvelles structures pour les personnes âgées et de lancer une opération de soins à domicile.

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